Au fait de la préservation et de la protection de l’environnement, la Belgique se classe dans le top 10 des pays les plus audacieux en matière de construction durable. Les architectes belges se démarquent par leur investissement et le développement de l’économie circulaire dans la construction et la gestion de bâtiments qui se veulent de plus en plus écologiques et respectueux de l’environnement. Une implication qui va dans le sens des requêtes de la Commission Européenne, qui ne manque d’ailleurs pas de souligner que 50% des matières naturelles extraites le sont pour le secteur du bâtiment et que ce même secteur produit à lui seul 35% des déchets de l’UE.

Les objectifs de l’économie circulaire dans la construction

Tandis que le développement durable et la préservation de l’environnement vont, aujourd’hui, bien au delà des simples préoccupations gouvernementales, ce sont les professionnels du bâtiment et toutes les filières adjacentes qui se tournent vers l’économie circulaire. A l’instar des circuits courts dans l’alimentation, l’économie circulaire tend vers la création, la conception et la gestion durable des matériaux de construction et des bâtiments. Elle vise aussi à limiter le bétonnage tentaculaire péri-urbain pour se tourner davantage vers la rénovation des constructions déjà existantes. Le taux de rénovation qui, est à l’heure actuelle de 1%, devra sans tarder passer à 3% par an.
La préservation et la création des espaces verts tiennent une place prépondérante dans l’urbanisme de demain. Ces zones vertes prennent le plus souvent la place d’anciennes friches industrielles. Le but des pouvoir publics, et de l’Europe dans son ensemble, est aussi et surtout de sortir de l’économie linéaire, inhérente à l’ère du tout pétrole, et d’une forme d’insouciance écologique, pour tendre vers une économie circulaire plus vertueuse, relocalisée, plus propre et plus durable, y compris en termes d’emplois.

La durabilité des bâtiments

Outre leur rôle pédagogique de présentation de l’économie circulaire qu’ils jouent auprès de leurs clients, les architectes intègrent ce nouveau concept tout au long des projets dont ils ont la charge. Véritable interface entre les entrepreneurs et les décisionnaires, ils ont aussi pleinement conscience de la fluctuation constante de la hausse du prix des matières premières dans la construction. Dans le cadre d’une économie linéaire, telle que nous l’avons vécue durant des décennies, les coûts de la construction étaient directement liés à ceux du pétrole et des importations massives de matériaux. Bien conscients du poids financier qui pèse, tant sur les épaules des industriels que sur celles des professionnels du bâtiment, les architectes doivent aussi prendre une part importante dans la création et la dynamisation de cette économie circulaire afin d’en faire un modèle économique aussi pérenne et lucratif que vertueux.

L’adaptabilité

Que ce soit en construction neuve ou en rénovation, une seule et même construction peut et doit avoir plusieurs vies, plusieurs destinations successives. L’architecture de demain se veut plus résiliente et plus agile. L’ensemble des centres urbains étant doté de nombreux immeubles de bureaux, dans le cadre des mutations et de la rénovation énergétique de ces constructions, nombre de ces bâtiments deviennent, par exemple des logements. A Bruxelles les exemples d’éco-rénovation se multiplient.

La réduction des déchets

Sur le territoire de Bruxelles Capitale par exemple, le secteur de la construction génère, à lui seul, tous les ans, 628 000 tonnes des 1 325 000 tonnes de l’ensemble des déchets collectés. Aujourd’hui 91 % de ces déchets du bâtiment sont recyclés et transformés. Le plus souvent ces déchets sont réemployés pour la rénovation du réseau routier.

Les leviers de l’économie circulaire

Exploitation et gestion des ressources territoriales

Aujourd’hui, force est de constater que 90 % de la disparition de la biodiversité est inhérente aux émissions de gaz à effet de serre pour l’extraction et la transformation des ressources aux quatre coins de la planète. A très court terme, à l’échelle 2030, l’exploitation des ressources devrait se faire, pour la construction des bâtiments dans la zone de l’Europe, uniquement en Europe. Une telle relocalisation de l’exploitation des ressources territoriales devrait permettre de créer, toujours d’ici 10 ans, prés de 700 000 nouveaux emplois et doper le PIB européen de 0,5%.

Vers plus de sobriété et de durabilité des bâtiments

De nombreux architectes et entrepreneurs, par conviction, par éthique, ou sur la demande de plus en plus pressante de leurs clients, travaillent à la sobriété des bâtiments. Cette sobriété est incontournable dans le domaine de la consommation énergétique des constructions ou des rénovations, mais aussi en ce qui concerne les ressources en eau. S’ils sont aujourd’hui encore marginaux, les Bâtiments Basse Consommation se généralisent sur l’ensemble du territoire européen. Ces constructions BBC sont encouragées par les pouvoirs publics et stimulées par les nouvelles technologies. Une convergence qui permet de tendre vers l’autonomie énergétique des constructions. D’autre part ces notions sont, depuis quelques années, intégrées au sein des centres et des écoles de formation des professionnels du bâtiment et d’architecture.

Sources

  • https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52020DC0098&from=EN
  • https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/bruxelles/a-bruxelles-la-relance-passera-par-la-construction-durable/10234406.html
  • https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/recit/la-belgique-en-route-vers-une-economie-circulairehttps://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/recit/la-belgique-en-route-vers-une-economie-circulaire
  • https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_20_420
  • https://www.ecobatisseurs.be/fr/projets2020-bruxelles