On en parle beaucoup, que ce soit dans le secteur du bâtiment, de l’industrie, des transports, …, c’est un modèle qui revisite nos standards de production et de consommation. On l’expérimente dans de nombreux pays et la Belgique ainsi que le Luxembourg font partie de ces pays qui ont décidé de tenter l’aventure. Avec la crise de la Covid-19, on pouvait s’attendre à son effondrement ou à son ralentissement car elle fait encore figure de petite dernière dans le paysage économique. Contre toute attente, elle a su prouver que son modèle était plus stable que d’autres. 

Comment fonctionne l’économie circulaire et quels sont ses piliers ? S’engager dans cette voie n’est -il pas une solution de bon sens ? Entrons dans le cercle de l’économie circulaire afin de mieux comprendre ses tenants et ses aboutissants.

Une économie qui sait faire face aux enjeux de demain

L’économie circulaire à pour visée la production de biens et de services de façon durable. Pour ce faire, cela implique de réduire la consommation des ressources, des matières premières ainsi que ses déchets. Les moyens d’action consistent en une vision à la fois prévisionnelle pour les approvisionnements et responsable pour les déchets et la durée d’utilisation d’un bien. Afin de parvenir à ces objectifs pour les entreprises du bâtiment comme pour l’économie plus largement, elle propose de changer de paradigme et de transformer l’économie linéaire fondée sur les axes suivants :

  • Extraire les ressources ;
  • Fabriquer les biens de consommation en série à moindre coût ;
  • Consommer de manière irraisonnée ;
  • Jeter finalement les biens qui ne sont pas vendus ;

Ce modèle classique semble devoir céder le pas à une économie qui sait mieux anticiper et amortir les chocs en cas de crises. Les chiffres sont en effet sans appel. Ce sont 66% des entreprises de Flandre fonctionnant selon un modèle durable qui n’ont subi aucune pénurie de matières premières et de pièces détachées durant la crise de la Covid-19. Elles n’ont pas non plus été affectées par une réduction de leurs commandes ou de leur financement. En revanche, celles qui se maintiennent dans le modèle linéaire n’ont été que 2% à avoir pu éviter le manque de matières premières. Rien qu’en Belgique, les emplois créés dans le circulaire sont au nombre de 262.000, ce qui représente 7,5% de la masse salariale. C’est donc un modèle plus résistant et créateur d’emplois dont les entrepreneurs du bâtiment peuvent retirer de nombreux avantages en Belgique comme au Luxembourg.

Comment l’économie circulaire déploie ses atouts ?

D’ores et déjà l’Institut National de l’économie circulaire propose des solutions applicables au secteur du bâtiment notamment. Pour ce faire, il encourage à agir sur les leviers suivants :

  • Réaliser un approvisionnement durable en évaluant les impacts environnementaux et sociaux des ressources utilisées. our ce faire, il est intéressant d’intégrer ces paramètres dès la phase de conception d’un bien ou service. Cela nécessite une vision à long terme qui englobe toutes les phases de réalisation depuis le choix des matériaux en privilégiant les moins polluants jusqu’au recyclage des matériaux. Cela implique une plus grande réflexion en amont et des concepteurs formés pour intégrer un process plus complet. Mettre en œuvre des circuits courts pour aboutir à une valorisation des ressources, par le biais de notamment de l’éco-conception est une voie. Certaines matières comme les fers à béton ou des parpaings sont reconditionnées et être intégrés dans des projets. Pour une planète propre met en lumière des initiatives dont on peut s’inspirer ;
  • Mutualiser différents acteurs économiques au niveau territorial pour mieux gérer les flux de matières, des énergies, des ressources, des infrastructures, des biens ou encore des services. Cela permet d’éviter le gaspillage et les intermédiaires. Il s’agit, dans le secteur du bâtiment de solliciter les entreprises locales pour l’approvisionnement en matières. Il est également souhaitable de privilégier des matériaux à faible impact environnemental. Des commandes groupées permettent aussi d’optimiser les coûts de transport ;
  • Privilégier la fonctionnalité qui consiste à vendre un service plutôt qu’un bien. On peut par exemple utiliser des machines en location plutôt que de les acheter. C’est une tendance à développer dans le secteur du bâtiment. De nombreuses enseignes de locations d’engins de chantier comme Loxam ou encore Rentabob sont maintenant accessibles. Elles ont l’avantage de proposer l’entretien des machines et, à terme, de limiter les coûts de fonctionnement ;
  • Responsabiliser la consommation à toutes les étapes du cycle de vie d’un produit et allonger sa durée d’utilisation. Le recours à la réparation, à la vente ou à l’achat d’occasion doit être encouragé ;
  • Améliorer la gestion du recyclage des déchets, en réutilisant éventuellement des matières issues des déchets. Encourager les initiatives comme les recycleries à un niveau industriel peut s’avérer un choix gagnant. C’est le cas par exemple de la recyclerie des biscottes en France qui peut servir de modèle.

Les entreprises qui adoptent ce modèle gagnent également en notoriété. Leur engagement pour l’environnement fait écho et rencontrent une forte adhésion de la part de leurs partenaires.

On peut donc conclure que l’économie circulaire propose des solutions innovantes et surtout économiquement intéressantes. Les architectes et les entrepreneurs du bâtiment ont entre les mains des moyens de créer des emplois de manière indirecte. Que cela soit dans la logistique, pour un meilleur approvisionnement ou pour les chaînes de déchets, de nombreux postes sont à pourvoir.

Pour aller plus loin :

https://www.ademe.fr/lademe-a-linternational
https://www.lachronique.be/article/l-economie-circulaire-creatrice-d-emplois-et-resistante-aux-crises.26684